Série « Les Murs parlent »

Cette série est née en résonance aux photographies de rue de feu Michel Colin, photographe à Gif-sur-Yvette. Il captait les passants devant le même mur parisien du 11ème, évoluant au fil des années.

Avant de présenter cette série, je me suis amusée à vérifier une chose toute simple : fallait-il écrire « Les murs parlent » avec un S à « murs » ? Sans ajouter mon nom d’artiste à la recherche, j’ai tapé ces quelques mots sur Internet. Et là, surprise : les murs parlaient déjà ailleurs !

 

Je suis tombée sur deux découvertes très différentes : une exposition terminée de l’Écomusée du Grand-Orly Seine Bièvre consacrée aux graffitis comme ultime témoignage de 1939-1945, et un podcast de la Cité internationale universitaire de Paris intitulé lui aussi « Les murs parlent », dédié aux récits du patrimoine architectural.

C’est réjouissant de prendre conscience qu’une thématique que l’on imagine sortie de son propre regard, presque intime, peut soudain ouvrir vers d’autres lieux, mémoires, voix. Entre traces, histoires et passages gravés, on comprends l’importance de ce support qu’est le mur. Il absorbent, résiste et témoigne de la présence de l’humain.

Dans ma série, je répondais et réponds encore à Michel par des macrophotographies. S’y ajoutent des personnages-signes, composés de paroles écrites, qui semblent prendre vie à même la matière des murs. Différentes textures, divers lieux du monde, les murs ont doublement la parole ! Je m’exprime sur eux, tandis que les personnages-signes s’affichent et s’expriment par leurs postures statiques ou mouvementées.

300 - Tirage n°2/17